Notice biographique
Validée par le comitéLouis Papet naît à Moûtiers, en Tarentaise, le 14 mars 1843, dans une famille de paysans-artisans profondément attachée aux traditions orales de la vallée. Formé à l'école normale de Chambéry, il devient instituteur et consacre l'essentiel de sa vie professionnelle à l'enseignement dans les communes rurales de Savoie, tout en menant en parallèle un travail de collecte et de création littéraire en langue arpitane.
C'est au contact de ses élèves et de leurs familles qu'il prend conscience de la richesse et de la fragilité du patois local. Dès 1870, il commence à noter systématiquement les chansons, proverbes et contes que lui rapportent les anciens du village. Cette matière brute nourrira l'ensemble de son œuvre poétique, marquée par un souci constant de fidélité au parler moûtiérain.
Son premier recueil, Les Cllôches de Moutié (1879), lui vaut une reconnaissance immédiate dans les cercles félibréens savoyards. L'ouvrage est salué par la Revue savoisienne comme « un monument intime de la langue des Alpes ». Papet y déploie un lyrisme sobre, ancré dans les paysages de la Tarentaise — alpages, torrents, fêtes patronales — et revendique explicitement l'appartenance de l'arpitan savoyard à l'espace roman plus large de la langue d'oïl méridionale.
Correspondant assidu de Louis Besset et de Constant Charvoz, il participe activement aux réseaux d'intellectuels régionalistes qui cherchent, à la fin du XIXe siècle, à codifier une orthographe commune pour l'arpitan. Ses lettres, conservées aux Archives départementales de Savoie (fonds 4J 218), constituent une source précieuse pour l'histoire de cette tentative de normalisation.
Retraité à Chambéry en 1905, il se consacre exclusivement à l'écriture et à la préparation d'un grand dictionnaire dialectal resté inachevé à sa mort en 1921. Ses manuscrits ont été partiellement édités par l'abbé Pierre Favre en 1934 sous le titre Glossaire moûtiérain.